Achille Morin Lemoine

Apologue

Expression écrite, classe de Première

Il fut un jour un financier
Né pour vendre, né pour acheter,
Un homme dur et sans pitié
En affaires comme en privé.

Il passait ses journée à l'étranger
En Afrique ou au Tibet,
Car l'unique chose qui le motivait
C'était l'argent, vous l'aurez deviné.

Il ne prenait aucun plaisir,
Ne jamais jouer, ne jamais rire,
On dit même de lui un jour
Que ses fossettes resteraient plates toujours.

Le seul moment dans la journée
Où dans sa vie il se plaisait
Etait lorsque, dans la soirée,
Ses sous par centaines il comptait.

Il y passait un temps immense,\ Peu importe sa vessie ou bien sa panse,
Il amassait et comptait avec méfiance
Sans jamais faire aucune dépense.

Il était certes fortuné,
Mais aussi pâle, et mal-alimenté,
Frêle comme brindille que l'on pourrait souffler,
La plus mauvaise mine du coin il avait.

Ses proches décidèrent de le sortir,
Lui faire voir l'air, le faire courir.
Hélas, seules les sorties lucratives
Auraient pu lui convenir.

Aussi cet homme tomba malade,
On essaya maints remèdes, maintes pommades
Fort onéreux d'ailleurs, pour le guérir,
Mais rien ne l'empêchait de dépérir.

C'est alors que survint subitement
La plus grande averse de tous les temps
Causant la crue de tous les affluents
Installés à l'époque sur le continent.

Les dégâts causés furent considérables,
Les destructions, inimitables,
On dit même que cette fois
L'apocalypse était bien là.

Notre financier ne fut pas épargné,
Il se leva d'un bond pour essayer
De récupérer et de sauver
Tous ses beaux billets qui furent noyés.

L'homme vit sa fortune couler sous ses yeux,
Et de riche, il devint gueux,
Le laissant seul et abandonné
Au milieu de sa défunte monnaie.

Ne croyez pas qu'il se laissa stopper,
Cette tragédie l'avait éveillé
Quant au mal d'argent qui le rongeait.

Et d'avoir tout perdu l'enchantait
Car il pouvait de nouveau profiter,
Jouir de la vie sans être miné
Par la masse écrasante de ses billets.

Voilà donc comment un homme
Retrouva le sourire et son somme
En perdant ce qu'il avait à cœur
Il avait trouvé le bonheur.

Cette histoire apprendra
Qu'au bonheur la soif d'argent ne mène pas,
Et qu'il faut parfois se remettre en question
Afin de marcher sur le chemin de la raison.