Döner de la gare
Munich, Allemagne
Je suis attablé dans un döner crasseux à un angle de rue de la gare de Munich.
Il neige dehors, il est 22h. Je n'ai pas internet, et je doute que l'établissement reste encore ouvert 1h30 avant le départ de mon bus.
Seul le cuisinier me tient compagnie dans la salle à moitié éclairée, attendant les occasionnels clients vissé à son téléphone. Le silence glacial à travers la fenêtre n'est interrompu que par la playlist commerciale que l'on entend à peine, et le vacarme du tram qui s'arrête juste devant. C'est très étrange de ne pas comprendre un mot de ce qui se dit entre mon co-détenu derrière le comptoir et les quelques affamés en capuche qui repartent avec leur butin entre les mains. Il fait juste assez chaud pour que je n'enfile pas ma veste, les va-et-vient de la porte d'aidant pas.
J'essaie d'oublier que j'attends un bus de nuit qui sera selon toute probabilité bruyant et inconfortable. Mes réconforts : si je parviens à attacher ma valise dans la soute, je n'aurai pas à descendre lors des arrêts nocturnes ; d'autre part, mon Airbnb m'attendra demain dès mon arrivée. Je visualise ma sieste méritée face à la mer.
Je suis heureux de repartir à l'aventure, et ce kebab qui m'accueille en fait partie.
