Achille Morin Lemoine

Grand Hotel Belvedere

Opatija, Croatie

Je me trouve dans un bien curieux endroit.

Le long de la promenade de bord de mer à Opatija, mon regard est attiré par une enseigne délabrée. C'est le Grand Hotel Belvedere, un hôtel qui surplombe la jetée - et qui a visiblement fait son temps.

Je découvre un escalier pas si dérobé qui y mène, et là, c'est la révélation.

L'honorable bâtisse fait partie d'un complexe plus vaste incluant un autre bâtiment, un casino, et surtout un parc qui domine insolemment le chemin qu'arpentent les promeneurs insouciants - et inconscients de la perle cachée a-dessus d'eux.

D'ici, on ne les entend pas, en revanche, on festoie de l'indolente mélodie du ressac. Mes amis les oiseaux sont là aussi, dans les fourrés ou dans les pins centenaires qui occupent les lieux. Une statue de danseuse à peine abîmée est toujours debout le long du sentier, comme si elle attendait patiemment les prochains visiteurs.

L'imposante ruine est plus en retrait, blottie en haut d'une volée d'escaliers. Le jaune pâle de sa façade est rehaussé par le blanc surprenamment immaculé du stuc qui orne colonnes et fenêtres. Elle est flanquée d'une immense tour carrée qui doit bénéficier d'une vue encore plus spectaculaire. D'autres statues d'imitation grecque surveillent les alentours depuis le balcon, qui a dû accueillir bien des soirées raffinées.

Je suis abasourdi d'être seul ici, surtout au crépuscule, dans un coin qui ravirait poètes et romantiques en tout genre. Je profite de la paix qu'offre ce jardin merveilleux avant de revenir à la civilisation.

Le rose à l'horizon s'affaiblit, l'air se rafraichit.

Il est temps d'y aller.

IMG_3775